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3 - La culture en pièces ? Figures de l'interdisciplinarité

Édito – La culture contemporaine entre différentiation et dialogue

C’est sous le signe de la pluridisciplinarité qu’est né le projet de cette revue, à teneur d’abord très littéraire, mais tendant peu à peu à élargir son faisceau d’interrogations. Encore fallait-il cependant questionner cette notion. « Inter » ou « pluri »-disciplinarité ? Pareille distinction n’a rien d’anecdotique. Si le premier préfixe insiste sur le mélange, le second appuie la séparation des sphères.

            Or, la tendance de l’époque est double. D’une part, l’heure est à la spécialisation accrue, qui n’est pas un fait nouveau, et que sanctionnent les filières universitaires autant que professionnelles. À l’horizon, c’est le spectre de l’incommunicabilité qui hante les esprits, tant il s’avère laborieux de partager entre étudiants de facultés différentes, entre artistes travaillant des matériaux – ou dans des espaces – étroitement circonscrits et rendus hermétiques les uns aux autres, ou entre professionnels de tel ou tel domaine particulier, le cœur de notre travail, de notre recherche, de nos intérêts.

            D’autre part, il y a les ponts, toujours plus nombreux, jetés entre les domaines, les disciplines, avec pour visée le partage, la découverte, la reconnaissance, l’enrichissement mutuel. Cette ambition que nous tentons de faire nôtre dans cette revue ne va pas de soi. Cependant, les expériences abouties d’interdisciplinarité, dont certains articles du présent dossier donneront un aperçu, invitent à poursuivre dans cette voie, à infirmer les diagnostics les plus pessimistes qui ont imprégné la fin du siècle. Le dialogue des arts – qui n’est pas l’art total de Wagner – et des registres de discours – qui n’est pas le métadiscours totalisant de Hegel – est possible – voire inévitable – et bénéfique, c’est là notre conviction fondamentale.

            Problématisée dans le dossier, la pluridisciplinarité est mise en œuvre dans les varias, à travers une série d’articles diversifiés, unis par le désir de s’approprier un instant quelques pans des mouvements artistiques et intellectuels les plus divers. Le portrait de Bernard Foccroulle sera tiré ; la crise communautaire belge mise en perspectives historique et philosophique ; l’Alice au pays des merveilles de Tim Burton décortiquée ; l’architecture envisagée sous le mode de la lecture ; un désopilant roman d’Alfredo Bryce Echenique présenté ; l’œuvre lumineuse de James Turrell interrogée ; enfin, retour sera fait sur le théâtre dansé de la regrettée Pina Bausch, à laquelle Wim Wenders vient de consacrer un vibrant hommage cinématographique.

            Ainsi de nouveaux horizons culturels ne cessent de s’ouvrir à Projections, qui ne demande qu’à poursuivre sur cette voie, en appelant une nouvelle fois ses lecteurs à se faire auteurs et à lui soumettre leurs idées d’articles à l’adresse suivante : projections.redaction@gmail.com. À l’hiver 2011-2012, avec le prochain numéro, nous entamerons notre troisième saison.

[Cet éditorial a paru dans le troisième numéro de Projections, au printemps 2011.]

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