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6 - Dossier, 6 - Sexualités, Cinéma, Dossier, N° 6 - Sexualités, Varia

Shame, Steve McQueen – 2011

Shame, plus qu’un film sur la sexualité, est une projection esthétique de photographies prises en rafale. Le sujet : Brandon Sullivan, trentenaire new-yorkais célibataire, tout droit sorti d’un magazine de mode. Sans jugement ou parti pris, Steve McQueen nous emmène dans son quotidien. Obsédé de la jouissance sans plaisir (à tout le moins partagée), Brandon Sullivan utilise tous les avatars de la sexualité 2.0 : sexe tarifié, pornographie (à domicile et sur le lieu de travail), masturbations à la chaîne, relations éphémères…

Incapable de s’engager, enfermé dans un rapport brut au plaisir, il doit faire face à l’irruption dans sa vie de sa sœur aux amours compliquées et au sexe facile. Ce sont les deux faces du Janus de la sexualité du xxie siècle qui sont ainsi exposées. Shame est ainsi le reflet d’un côté obscur de la sexualité, propre à notre époque.

Sans développer ici l’intérêt graphique et artistique que peut représenter le film in se, il faut insister sur le réalisme avec lequel S. McQueen amène le spectateur à « rentrer » dans le film. Par des lentes scènes de la vie quotidienne, par des lieux communs (rames de métro, bars, openspaces, salles de bain) comme théâtres des évènements et par le caractère cru (mais pas vulgaire pour autant) des images montrées, le réalisateur suggère et amène le spectateur à s’interroger sur ce rapport à la sexualité.

Brandon Sullivan est avant tout un « addict », un homme dont le quotidien est rongé par son obsession. La scène du jogging est particulièrement marquante à cet égard. Conscient de son addiction, Sullivan est en conflit avec la morale et l’ordre social dans lequel il évolue. Son appartement, son travail, ses relations à autrui (famille, collègues, passants), ses loisirs… tous sont entachés de sa dépendance au sexe. Un sexe virtuel, qui s’accommode mal du monde réel. Un sexe à toute allure, sur demande, omniprésent. Un sexe finalement solitaire, déshumanisé, triste et, aux yeux du principal intéressé lui-même, honteux.

Pol-Henry Martin

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